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De Vents & Jardins
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Crédit: Joserpizarro / 123RF
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Carnets d'un otium en Touraine

19 juin 2019


Arrivés à l'âge de la retraite, Jocelyne et moi nous sommes choisi un nouveau cadre de vie, la Touraine.

Et je me suis fixé quatre objectifs d'otium:

  • Apprendre le chinois
  • Comprendre la physique quantique
  • Comprendre la relativité générale
  • Continuer sur la route du bonheur

Apprendre le chinois

Pourquoi ?

Tout simplement pour ralentir le plus possible le vieillissement inéluctable de mon cerveau et de mes capacités cognitives avec une activité intellectuelle plus variée et moins répétitive que le Sudoku. Je ne vise pas une grande maîtrise dont je n'aurais pas l'utilité. Comme pour mes autres objectifs d'otium, je souhaite faire ça sans prise de tête, «en touriste» ! Si je parviens à atteindre un jour le niveau A2/HSK4, ça suffira très amplement à mon bonheur.

Comment ?

Je vais relater mes aventures d'apprentissage du chinois, mes échecs, mes déboires et mes progrès dans cet article:

Comprendre la physique quantique

Pourquoi ?

Parce que c'est un rêve de jeunesse que je n'ai jamais eu le temps de mener à bien. Oh bien sûr, j'ai déjà visionné énormément de vidéos sur le sujet. j'ai lu aussi beaucoup, mais vraiment beaucoup d'articles de vulgarisation tout au long de ces 40 dernières années. Mais j'ai toujours l'impression de n'avoir fait qu'effleurer le sujet.

Ce que je voudrais, c'est tout simplement (!?) être capable de vérifier, en faisant des calculs dans des cas les plus simples, que je comprends au moins un peu les choses que font les pros.

Comment ?

Je vais relater mes aventures de voyage vers les rivages de la physique quantique, mes échecs, mes déboires et mes progrès dans cet article:

Comprendre la relativité générale

Pourquoi ?

Parce que c'est un autre rêve de jeunesse que je n'ai jamais eu le temps de mener à bien non plus. Dans ce domaine aussi j'ai visionné pas mal de vidéos et lu nombre d'ouvrages de vulgarisation. Mais c'est la même chose, tant que je ne serai pas capable de calculer par moi-même le résultat de quelques expérience simples, je resterai au niveau conceptuel des analogies plus ou moins éclairantes. Il faut donc que j'aille plus loin.

Comment ?

Je vais relater mes aventures de voyage vers les rivages de la physique quantique, mes échecs, mes déboires et mes progrès dans cet article:

Continuer sur la route du bonheur

Pourquoi ?

Là, ça semble plus évident. Franchement, je suis plutôt content de mes 60 premières années d'existence. Avec le temps, j'ai même fini par rire du reproche qu'on me fait de temps en temps et qui me culpabilisait autrefois, à savoir d'être trop "intello". Bref, comme le dit la célèbre blague «Jusqu'ici, tout va bien !»

Crédit: Prasit Rodphan/123RF

Et comme j'aimerais que ça continue encore un peu, je vais essayer de m'en donner les moyens en m'appuyant sur le vieux concept romain d'otium, joint aux tout aussi vieilles philosophies stoïciennes, héraclitéennes et épicuriennes, saupoudrées d'un peu de bouddhisme (éventuellement moderne et occidentalisé) et surtout de pas mal de sciences.

A priori, le néoplatonisme, le judéo-christianisme, le culte de l'égo et du libre arbitre, la recherche d'un salut dans un autre monde ne devraient plus être à mon menu. Je leur ai déjà consacré assez de temps comme ça. Je ne regrette pas le temps passé à les explorer et je ne voudrais faire de peine à personne mais ça s'est avéré être, dans mon cas personnel, des impasses. Et il ne me reste plus assez d'années à vivre pour perdre mon temps dans des impasses.

Comment ?

Je vais relater et partager la suite de mes aventures de voyage sur la route du bonheur, mes échecs, mes déboires et mes progrès...

  • sur ce blog tout simplement !

C'est sa raison d'exister. Il me permettra de m'éclaircir les idées, car je ne sais pas vous, mais moi, quand je fais l'effort d'essayer de partager mes expériences avec les autres, j'ai tendance à mieux les comprendre moi même.

Bonne lecture !


Le bonheur n'est pas une destination mais une façon de voyager. (Auteur inconnu)

De Frédéric II à Camus en passant par la route de Babylone

19 Juin 2019

A l'occasion d'une intéressante discussion sur Frédéric II de Prusse, auteur légendaire des «constitutions de Berlin» du REAA, je me disais qu'on a parfois tendance dans certains ateliers maçonniques à confondre l'histoire "historique" (que Guénon déclarait publiquement mépriser, contrairement à ses disciples actuels qui préfèrent souvent éviter d'aborder le sujet) et l'histoire légendaire.

Frédéric II et quelques invités de marque

Les exemples sont nombreux et à de nombreux degrés. Je pense par exemple à certains Frères, parfois très éminents, qui se disputent encore sur l'emplacement d'un pont qu'une célèbre légende maçonnique (rédigée dit-on en France entre 1747 et 1749, soit juste après la publication du Zadig de Voltaire, ce qui n'est sans doute pas un hasard) situe sur la route de Babylone à Jérusalem.

Personne ne doute qu'il faille franchir l'Euphrate quelque part, puis le Jourdain, pour aller de Babylone à Jérusalem, sauf à faire d'infinis détours. Mais chercher l'emplacement de ce pont est comme chercher le village du Père Noël: A force de le chercher avec les yeux de la foi, on finira tôt ou tard par le trouver là où on le cherche, en toute logique dans un pays où les rennes tirent des traîneaux, à côté du cercle polaire. Il y a même un bureau de poste et une boutique de souvenirs.

Soyons sérieux. L'emplacement exact de ce fichu pont, c'est comme le village du Père Noël, ça n'a strictement aucune importance dans l'histoire "historique" (qui ne le mentionne même pas, il n'a peut-être même jamais existé, il y avait plus de gués que de ponts à l'époque), ni non plus dans l'histoire légendaire.

La différence entre l'histoire "historique" et l'histoire légendaire?

  • La première ne nous dit pas grand chose du sens de notre vie, et encore moins des ordres personnalisés que le GADLU ou le roi de Prusse nous donneraient personnellement juste pour nous, petites personnes d'un petit peuple insignifiant d'une petite planète d'une galaxie sans importance.
  • La seconde est sans cesse écrite et réécrite par nous, pour donner ensemble un sens à notre vie et essayer d'échapper au moins un peu à notre insignifiance.

L'utilité de l'histoire "historique"?

  • Elle nous rappelle sans cesse l'absurdité (au sens de Camus) de notre condition humaine.

L'utilité de l'histoire légendaire?

  • Elle nous rappelle sans cesse à la nécessité, si nous voulons devenir un jour des "Sisyphes heureux", de construire ensemble le sens que nous donnons à nos vies.

Inutile de tirer sur le pianiste. Ce point de vue, presque hérétique, en tout cas « moderne et profane » (paraît-il), est « condamné par toutes les traditions authentiques ». Il « n'est pas très bien vu dans la franc-maçonnerie écossaise de Tradition » (notez bien le "grand T") où il serait tout juste « toléré ».

Tout ça, je le sais déjà. On me le dit souvent. Et même de plus en plus souvent je trouve. Il y a probablement à cela des explications historiques et sociologiques.

Mais comme le disait un des maîtres qui ont accompagné ma jeunesse: « Tout ça n'est pas très important ».

Pour moi, l'essentiel est d'apprécier ces légendes initiatiques. Pas uniquement pour les enseignements que leurs auteurs souhaitaient nous donner à travers elles à leur époque, mais aussi et surtout pour les enseignements qu'elles nous inspirent à nous, ici et maintenant.

Un ami a attiré mon attention récemment sur un auteur un peu méconnu de nos jours, mais qui inspira pas mal les humanistes français de la Renaissance, à savoir Philon d'Alexandrie. Ce fut l'un des premiers à « avoir pensé Dieu en architecte de l'univers » (WP) et à avoir interprété la Bible de manière allégorique, voyant par exemple en Jacob non pas un personnage ayant réellement existé mais le symbole de l'âme.

J'aime bien faire pareil. Par exemple en me souvenant que le Hiram de la légende maçonnique n'est pas tout à fait le Hiram de la Bible.

Si Jacob est le symbole de l'âme, si Salomon symbolise la sagesse, quel concept symbolise Hiram?

Voilà une question qu'on devrait poser plus souvent aux jeunes maîtres, à mon humble avis.