Apprendre le chinois en touriste

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Zhōngguó, la Chine, en écriture traditionnelle et simplifiée


Apprendre le chinois à la retraite ?!?

C'est pas un peu gothique, comme idée ?

Pourquoi j'apprends le chinois?

Pendant mon otium, je souhaite ralentir le plus possible le vieillissement inéluctable de mon cerveau et de mes capacités cognitives.

On me dit que pour cela, il est indispensable de conserver une activité intellectuelle capable de créer de nouvelles "connexions de neurones".

Bon, je me doute bien que les termes "connexions de neurones" doivent être pris pour ce qu'ils sont, c'est à dire plus une métaphore qu'une véritable connaissance scientifique. Les sciences du cerveau, malgré leurs progrès, sont encore dans l'enfance. Mais cette métaphore me semble pointer quelque chose de crédible.

Et j'ai lu, ici ou là, que pour "créer de nouvelles connexions de neurones", rien n'était aussi efficace que d'apprendre quelque chose de nouveau. Le plus nouveau possible et faisant appel au maximum de canaux sensoriels.

C'est là que l'idée du chinois s'est imposée à moi. C'est décidé, pendant mon otium, je vais apprendre le chinois. Pourquoi ?

  • Parce que la nouveauté du chinois risque de durer plus longtemps que si je me mettais à la pratique du Sudoku. Je ne suis pas bon en Sudoku, mais si je décidais de m'y perfectionner, je crains fort de retomber dans une nouvelle routine assez vite.
  • Avec le chinois, tout semble nouveau, du moins pour le moment, ce ne sont que mes premiers pas:
    • La prononciation est totalement différente de tout ce qu'on connaît dans les langues indo-européennes. Non seulement parce qu'il y a des sons qu'on ne connaît pas en français, parce que ça on a déjà l'habitude, avec par exemple le fameux "th" de l'anglais, mais surtout parce que c'est une langue tonale. Explications:
      • En français par exemple, si je prononce le mot «Viens» en montant dans les aigüs, ce sera pris pour un «viens» interrogatif: «Viens?» signifiant «Est-ce que tu viens?». Mais si je prononce la même syllabe sur un ton grave et bref, ce sera compris comme un impératif: «Viens!».
      • En chinois, c'est très différent: Si on change de ton, on change de mot. Le son «má», aigü et prononcé d'une manière qui semblerait interrogative à un indo-européen est un mot complètement différent du "mà" grave[1].
      • Et comme si ça ne suffisait pas, la plupart des mots du chinois sont des homophones. En français aussi, on a des homophones, comme par exemple les célèbres «seau», «sceau», «sot», mais ils sont finalement assez rares. En chinois, il n'y a que ça, des homophones! Au final, si on se résume, "mā" et "mà" sont deux mots totalement différents puisqu'ils ne se prononcent pas sur le même ton. Mais déjà "mā" à lui tout seul renvoie à plusieurs mots qui se prononcent exactement pareil mais qui ont quand même des sens très différents.
    • L'écriture aussi est totalement différente. En fait, il y a deux systèmes d'écriture:
      • Le pinyin, qui reproduit les sons de la langue orale. Il y a un piège, c'est que le pinyin ne se lit pas toujours comme le français. Ainsi par exemple le "X" se prononce comme le "sh" chuintant qu'on trouve parfois en allemand. Ou encore le "R" se prononce "j".
      • De plus, pour différencier les homophones comme les différents sens de "mā", il est indispensable d'étudier aussi les sinogrammes qui, eux, se tracent différemment pour chaque mot différent. Mais tracer les sinogrammes, c'est TRES compliqué[2] ! C'est presque comme si on devait apprendre deux langues indépendantes, les chinois oral et le chinois écrit. Je dis "presque", parce que dès qu'on s'y met un peu, on s'aperçoit qu'il est quasiment impossible d'apprendre l'un sans l'autre.
    • La grammaire enfin est complètement différente. Mais là, c'est plutôt une bonne nouvelle. Elle est considérablement plus simple. Par de déclinaisons comme en allemand, en latin ou en sanskrit, pas de conjugaisons tordues comme en français, et encore moins de longues listes de verbes irréguliers !

Bref, puisque je cherche à garder mes neurones actifs en les confrontant à quelque chose de complètement nouveau, le chinois me semble vraiment tout indiqué !

Premières tentatives...

... et autant de fausses pistes !

Car oui, mes premiers essais ont été autant de fausses pistes ! Ce n'est pas bien grave, c'est comme ça qu'on apprend. Mais comme tout ce site est avant tout un témoignage de vie, je vais revenir dessus. Sait-on jamais, ami lecteur, pour le cas où ça pourrait te servir.

Les cours en ligne de Chine-nouvelle.com

Ma première tentative a eu au moins une utilité, c'est qu'elle m'a confirmé dans mon envie de me mettre au chinois.

Ce n'était pas gagné d'avance, car j'avais déjà fait un essai précédent avec le sanskrit avant de me rendre compte très vite que le sanskrit n'était pas fait pour moi: Beaucoup trop de complexité au niveau de l'écriture et de la grammaire et finalement assez peu d'intérêt, du moins par rapport à mes besoins.

Alors pour ma première tentative avec le chinois, je n'ai pas voulu investir trop vite.

J'ai d'abord trouvé assez facilement sur internet un partage d'une vieille méthode Assimil de chinois en langue anglaise. J'ai donc commencé avec ça pour voir ce que ça donnait. Assez vite, j'ai vu que je me sentais bloqué à cause de l'écriture. Il me fallait une loupe pour voir les sinogrammes assez bien pour pouvoir les écrire. Et apprendre une langue sans pouvoir l'écrire, au début j'ai trouvé ça original, mais très vite, j'ai bloqué. J'aurais préféré commencer par apprendre quelques expressions courantes, quelques mots, quelques sinogrammes de base, avant de continuer.

Je me suis alors tourné vers les cours en ligne. J'ai trouvé un cours en ligne gratuit et assez bien fait tout d'abord, avec des tests de prononciation et tout et tout. Mais très vite, ça s'est arrêté. Ce super cours gratuit en ligne n'était en fait qu'une accroche pour des cours payants, en présentiel ou par correspondance, beaucoup plus classiques et assez chers.

Je suis alors allé voir du côté du plus officiel. Sur le site Chine-nouvelle.com, on trouve quelque cours de chinois qui ont l'air très bien faits. Mais très vite, le même problème: Passé les premières étapes, la pédagogie et les contenus laissent vraiment à désirer. C'est un amoncellement de petits contenus, parfois assez bien faits, mais sans aucune cohérence d'ensemble. La prononciation est à un bout, les expressions ailleurs, il faut changer douze fois de page avant de trouver comme écrire correctement un mot nouveau puis à nouveau revenir douze fois en arrière pour savoir comment le prononcer. Bref, je me suis vite senti complètement perdu.

Je me suis alors procuré la méthode Assimil en français, dans sa toute dernière version, avec les enregistrements sonores.

Les deux ou trois première leçons se sont plutôt bien passées, mais de nouveau, j'ai été bloqué par la question de l'écriture. J'ai l'impression que cette méthode pourra bien fonctionner dès le début pour quelqu'un qui sera plus "auditif" que "visuel", en remettant à plus tard l'écriture des sinogrammes et ne se concentrant d'abord sur la prononciation et sa transcription en pinyin. Mais mon cerveau à moi n'apprend pas comme ça.

Et enfin, un bon départ !

Vraiment très bien !

C'est alors que j'ai ouvert le petit livre Assimil «Chinois, les bases, vos cent premiers signes», du même auteur que la méthode Assimil classique. Et là, pour moi, ça a été le signal du départ !

Je trouve ce cahier très bien fait et, pour moi en tout cas, idéal pour démarrer.

J'y consacre très peu de temps, mais très régulièrement, 15 minutes par jour seulement. (OK, comme toujours, un peu plus au début)

Ma méthode est la suivante:

Chaque jour, je commence à mémoriser un nouveau mot, sa transcription phonétique approximative (sur la base du français), sa transcription phonétique officielle en pinyin, et son sinogramme. J'écris ce sinogramme sur le cahier une seule fois, en faisant bien attention de tout mémoriser en même temps et en le prononçant dans ma tête.

Un nouveau mot et 13 mots révisés à chaque séquence d'environ 15 minutes par jour.

Ensuite, je reviens sur la page précédente et je fais pareil pour le mot que j'ai appris hier, en l'écrivant une seule fois, mais en essayant de rester très concentré et de tout remémoriser pendant que je trace le sinogramme.

Puis je fais pareil pour le mot que j'ai appris avant-hier, etc.

Au total, je trace donc chaque nouveau mot, en me concentrant très attentivement sur son tracé, sa prononciation et sa signification, pendant deux semaines, 15 minutes par jour. Je ne prétends pas avoir découvert là la méthode idéale qui marcherait pour tout le monde, mais pour moi, à l'heure actuelle, c'est celle qui fonctionne le mieux, facilement et sans effort (à part celui de 15 minutes de concentration très attentive).

Il y a un inconvénient évident à cette manière de faire: La prononciation que je mémorise est sans doute assez approximative et je devrai la corriger par la suite. Cette manière de faire ne me conduira donc pas au-delà de quelques premiers pas. Mais chaque chose en son temps, dans environ 3 mois, je connaîtrai 100 mots avec leur contexte, leur prononciation approximative, leur transcription en pinyin, leur écriture en sinogrammes. Je connaîtrai aussi quelques expressions de la vie courantes basées sur ces cent mots.

Je pense que je disposerai alors d'un petit bagage suffisant pour passer à l'étape suivante, probablement en reprenant la méthode Assimil classique, plus quelques cours de prononciation en présentiel.

Mon objectif d'otium est d'atteindre à terme un niveau international CECR A2 / HSK 4.

Aventure à suivre... (Mise à jour: Mai 2019)

Notes, compléments et références

  1. Pour entendre les différences et voir les différentes significations de cet exemple classique, tapez «mà» dans le champ de recherche du dictionnaire du site Chine-nouvelle.com.
  2. D'ailleurs les maoïstes appelaient cette écriture «l'écriture compliquée». Et ils ont simplifié un certain nombre de sinogrammes, ce que n'ont pas fait les chinois de Taiwan. D'où des différences d'écriture parfois importantes pour certains signes, comme le deuxième des deux sinogrammes du gif en haut de cet article («Zhōngguó», qui signifie: «la Chine»)


Et comme toujours: Une erreur, un conseil, une remarque ? N'hésitez pas à me contacter !