Plat au décor maçonnique

Forte affluence le 9 juin 2015 à la commission obédientielle d'éthique de la Grande Loge de France qui recevait le philosophe Heinz Wismann sur le thème « L’humain, la science et l’éthique versus le transhumanisme ».

Après avoir rappelé la longue évolution de ce que les hommes appellent "science" depuis l'Antiquité, il estime que de nos jours « La science est à la traîne de la technologie qui est la maîtrise de l'enchaînement des causes et des effets. » Or, pour lui, l'homme ne peut être vraiment homme que s'il est libre, et il ne peut être libre que s'il y a des interruptions des chaînes causales. « La liberté ne peut pas être pensée comme le résultat d'une chaîne causale. »

C'est pourquoi le Transhumanisme "radical", c'est à dire celui qui vise une maîtrise totale des aléas de la vie signerait pour lui la fin de l'humain. « L'homme auto-créateur de lui-même cesserait d'être humain. »

Les questions de l'auditoire lui permirent de préciser différents points:

  • Sur sa conception des « trois temporalités de l'humanité »: Le retour au passé idéalisé de l'âge d'or (Antiquité), le temps linéaire tourné vers le progrès et le futur (Modernité) et le culte du présent (Post-modernité).
  • Sur le projet "Google" de la fin de la mort: « La fin de la mort serait une fausse éternité. »
  • Sur le seuil au-delà duquel on devrait refuser les progrès technologiques: « Le seuil, c'est le refus de la maîtrise complète. »
  • Et enfin sur les moyens à employer pour échapper à l'émergence du transhumanisme, non pas en tant que projet de quelques utopistes mais en tant que mouvement historique et « tendance qui se met en place indépendamment de toute intention. »

C.D.