Logo Mal au Pixel

Replacer l'humain au cœur des réflexions sur la technologie, telle est l'ambition de Mal au Pixel.

Ce réseau rassemble des artistes qui mêlent arts, science et technologies. Leur travail questionne les transformations culturelles, sociales et politiques que ces technologies induisent. Car pour ces artistes, le fonctionnement des appareils numériques est opaque pour la majorité des citoyens qui pourtant les utilisent chaque jour.

Ces machines sont mêmes devenues autonomes au point de parfois décider à notre place. D'où la nécessité de leur donner du sens pour les rendre à nouveau accessibles. Ce que ces artistes « hacktivistes » experts du détournement des technologies s'emploient à faire, avec la volonté d'inviter le public à mettre les mains dans le cambouis et à se prendre au jeu.

Mal au Pixel est issu d'un réseau international Pixelache consacré aux arts et sous-cultures électroniques créé en 2003 à Helsinki. Chaque année, ce festival accueille des performances, concerts, ateliers, installations et conférences. Ses membres viennent des quatre coins du monde (Finlande, Norvège, Sénégal, Colombie…) pour échanger et créer des liens entre les différentes initiatives, toujours dans le but de dégager des réflexions sur l'impact des technologies pour la société.

En France, le réseau organise tous les ans son propre festival. Cette année, il a marqué la clôture du Pixel_lab, une série de workshops qui se sont déroulés à la Gaîté Lyrique. Au cours de différents ateliers animés par les artistes, les visiteurs ont été invités à dépasser les écrans et les interfaces des technologies pour plonger dans les entrailles de leurs circuits électroniques, percevoir leurs ondes électromagnétiques et approcher le code informatique afin d'en percer les mystères.

Avec son atelier d'extraction d'or des déchets, baptisé Gold Diggers, Albert Laine a montré comment démonter les ordinateurs promis à la casse pour récupérer les métaux précieux qui en composent les circuits. L'occasion de mener une réflexion sur l'obsolescence programmée.

Martin Howse a présenté son projet Earth coding de captation des signaux de la Terre pour les transformer en code. Dans un documentaire d'Arte, il explique « qu'il existe forcement un lien entre les logiciels et la terre puisque l'on s'est délibérément tournés vers les minéraux pour fabriquer les ordinateurs. » Les électrodes qu'il plante dans la terre sont ainsi comme des oreilles électroniques à l'écoute de ses ondes magnétiques. Un signal qu'il serait utile de traduire pour en comprendre la teneur. Sur son écran d'ordinateur des chiffres et des symboles s'alignent de manière transitoire.

Le Pixel_lab a aussi été l'occasion de performances artistiques, comme celle de Benjamin Goulon et son Attack me please at 2.432 GHz. Lors de cette performance audiovisuelle, l'artiste rend audibles les ondes électromagnétiques provenant des téléphones et des transmissions sans fil d'internet qui emplissent l'espace mais que l'on ne peut voir.

Oriane Dioux