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Plus de 9 français sur 10 affirment ne plus se reconnaître dans la classe politique. Un sur deux ne va plus voter. Moins de 400 000 appartiennent aux partis politiques qui désignent les candidats. L'idée selon laquelle des citoyens tirés au sort ne pourraient pas être pires que les responsables politiques actuels fait son chemin.

 

A chaque nouvelle élection, les politiques déclarent solennellement qu'ils ont compris le ras-le-bol citoyen et qu'il est devenu vital de concevoir la politique autrement. Et pourtant Sœur Anne ne voit toujours rien venir. Du coup, la société civile hésite entre résignation, rejet total et initiatives citoyennes.

Ces "Civic Tech", vous en avez déjà entendu parler. Ne serait-ce que par les plateformes de pétitions en ligne Change.org ou Avaaz qui rassemblent plusieurs dizaines de millions de citoyens à travers le monde. D'autres sont en train d'émerger. En France, ont trouve sur les marches du podium :

  • Vox.org qui se présente comme un comparateur de programmes électoraux. L'idée est sans doute intéressante, mais elle risque de se heurter rapidement au mur de la crédibilité. En effet, s'il y a une chose que les citoyens commencent (enfin) à comprendre, c'est que les programmes électoraux n'engagent que les naïfs qui les croient. Alors à quoi bon les comparer ?
  • #MAVOIX n'est pour l'instant qu'un groupe d'un peu plus de 8000 utilisateurs de Facebook, mais dont l'audience grandit peu à peu. L'une de leurs innovations serait de présenter des candidats tirés au sort qui, une fois élus, voteraient en fonction des opinions de leurs électeurs, exprimées en direct. On peut certes exprimer toutes sortes de réserves, notamment au vu des limites de la "démocratie directe", mais dans le système parlementaire actuel, ne serait-ce qu'une poignée de députés élus de cette manière pourrait suffire à bousculer grandement les habitudes et à redonner une influence certaine à la voix des citoyens.
  • LaPrimaire.org est probablement le projet de Civic Tech le plus ambitieux et le plus avancé en France. 1244 participants en septembre 2015, et déjà près de 16 000 à la mi-février 2016, c'est beaucoup plus qu'un simple frémissement. L'objectif est de 100 000 participants minimum pour lancer cette primaire des citoyens. Avec 400 000 participants, leur candidat aurait déjà plus de légitimité que n'importe quel candidat désigné par un parti politique.

Tout reste à faire, mais deux choses semblent déjà acquises :

  1. Parmi ceux qui rejoignent le mouvement en ce moment, il y en a au moins un qui a des chances très réelles d'être un candidat emblématique des prochaines élections.
  2. On n' a pas fini d'entendre parler de la manière dont les Civic Tech vont changer la politique.

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