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Un enterrement de première classe raté !

Le calendrier politique français aurait pu enterrer prématurément le rapport parlementaire sur l'économie collaborative remis au premier ministre par le député Pascal Terrasse le 8 février dernier.

En effet, comme le pressentait Nathalie Raulin dans son article publié le jour même dans Libération, sa publication tombait politiquement aussi mal pour l'Elysée que pour Matignon. Rien d'étonnant alors à ce que le communiqué de presse de Matignon se soit empressé de le neutraliser en une demi-page de langue de bois parfaitement insipide.

Seulement voilà, il semblerait que Pascal Terrasse ne se soit pas satisfait de cet enterrement de première classe. Le 22 avril, il signe un article sur le sujet dans le Monde avant de poursuivre par une interview dans We-Demain quelques jours plus tard puis par une contribution à un article dans les Echos le 10 mai. De quoi rallumer les projecteurs sur ce travail que son auteur présente comme étant « à ma connaissance, le premier rapport parlementaire au monde sur ce sujet ».

La disruption économique à la une

Car il faut bien reconnaître que le titre et l'article du Monde sont autrement plus explicites que les formules anesthésiantes des communicants de Matignon :
« Redistribuer mieux et plus équitablement la richesse avec un revenu de base », ça y est le concept sort du bois dans un discours officiel !
« La transition numérique […] est à notre porte. Beaucoup d’emplois vont être détruits avec la robotisation et avec la numérisation des procédés industriels. Le travail et le salariat se feront plus rares. […] Notre système de protection sociale, qui date de 1945, n’est pas adapté au monde d’aujourd’hui». Cet argumentaire est autrement explicite que la langue de bois matignonnesque qui le traduisait par « permettre à l’économie collaborative de libérer tout son potentiel de croissance » (sic).

Une étude approfondie et 19 propositions

Bon, reconnaissons toutefois à la décharge des services de com du Premier Ministre, que le texte du rapport parlementaire lui-même est assez logiquement beaucoup plus académique que le discours public du rapporteur qui l'a fait ressortir du tiroir. Il est toutefois très lisible par le citoyen et repose sur une analyse en profondeur. Il se termine, c'est la loi du genre, par 19 propositions parfois discutables et qu'on pourra discuter à l'envi. Mais c'est en tout cas un document que tout citoyen conscient des enjeux de la transition économique en cours se doit de consulter.

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